réalisatrice photographe Bienvenue chez Elvire radioVolet 1 # Architecture
Patrimoine #humain
Chaque année nous célébrons notre patrimoine. alors je me suis promenée dans la vile. Dans cette ville-ci, Rouen. Celle ci comme une autre, elles sont toutes semblables avec leurs différences. Promenons nous pour voir ici ces grandes poutres qui claironnent l’ère médiévale. Juste à côté se sont les murmures des taffetas... entendez-vous les pas précipité de ces dames parcourir les rues? Les robes qui frôlent la pierre camouflée par le désir d’apparat du XIXème. A cette époque la brique et les pans de bois étaient médiocres, on les blanchissait. Tandis que là, en face, c’est la reconstruction d’après guerre que nous raconte cette façade. Les bombardements sont loin, souffle le temps du renouveau. Et puis, tiens, là, sur l’autre rive, ne les oublions pas, ces vieille briques qui nous racontent la Bonne Nouvelle*, murés que nous sommes derrière nos peurs du voisinage, peur du changement peut-être, peur du froid aussi ...? Alors mon regard a quitté les façades, je savais que j’en oubliais des traces de nos histoires. La rue m’appelait. Et déjà on détruit pour reconstruire autre chose. Pour laisser la place à ces lieux de vie qui ne vivrons sans doute jamais comme nous les avions rêvés. La rue, elle, sans appel, me plaque face à l’évidence : comment nous partageons nous cette vie ? Comment vivons-nous nos villes? Où trouvons-nous un peu d’air ? Travelling arrière du haut d’une conscience avec arrière goût de culpabilité. Plan large. Lumière sur les obscurs. A l’instar des grillons perturbés par l’humain, mes échos cessèrent de chanter. Ils entamèrent doucement un air contemporain. Derrière ces façades, derrière ces envies, nos rêveries, j’ai soudain aperçu tous les stigmates du monde que nous bâtissons chaque jour. Avec mes désirs à moi de demeurer enfant encore. Avec mes questionnements sur la place de la Culture que l’on étouffe. Alors je m’interroge sur notre générosité qui semble s’étioler. Ou ces lois, ce Code Civil auquel je souhaite parfois désobéir. Avons-nous oublié trop vite, que l’Histoire ne peut pas figer ? Qu’elle peut transmettre, qu’elle doit passer. Nous sommes tous des passeurs éphémères. Là, maintenant, ce que j’entends les yeux fermés, c’est la voix posée, douce, presque sage, d’un ami qui me chuchote : “Eh, Elvire ! Tu sais qu’on va mourir ? “ *à Rouen, “Bonne Nouvelle” est le nom de la maison d’arrêt.
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